La mauvaise réputation: entre liberté et honneur

Bonjour Girls,

Aujourd’hui, je viens vous raconter pourquoi j’ai aimé ce film tellement réaliste: La mauvaise réputation. Un film norvégien, d’une réalisatrice pakistanaise, sur une famille pakistanaise, musulmane qui est installée en Norvège et se confronte ainsi à une culture qui n’est pas la sienne. Mais tout se complique lorsque c’est la fille de la famille qui sort des sentiers battus. Des chemins tracés pour elle, bien limités par le cadre religieux et culturel. J’ai vu la bande-annonce qui m’a tout de suite interpellé et je me suis dis « ce film il est pour moi! »

4122985.jpg-c_215_290_x-f_jpg-q_x-xxyxx

Il raconte une histoire vraie, celle de la réalisatrice Iram Haq, qui se voit envoyée au Pakistan après ses quelques bêtises de jeune adolescente. Mariée de force, elle sera séparée de sa famille pendant 26 années. Ce film est terrible, horrible, méchant, incisif, sans pitié. La peinture de ce foyer aux premiers abords si chaleureux se transforme en foyer glacé, rude, brutal tout au long du film. Ce film émeut, quand on regarde ce père perdu face à sa fille qu’il aime tant, mais à qui il va devoir faire du mal pour lui faire comprendre la réalité de la vie, quand on vient de cette société patriarcale.

Synopsis (attention spoil)

Nisha, adolescente de 15 ans, vit ses premiers amours, malheureusement pas assez discrètement puisqu’elle se fait surprendre dans sa chambre avec un garçon. De là, son père, qui l’adore (et ca se voit que Nisha est son bébé), est déçu, triste, abasourdi, stupéfait et à la fois plein de questions auxquelles il ne sait répondre. Il se demande qu’est-ce qu’il a mal fait pour que sa fille vire de bord et quelle sanction mettre en place pour qu’elle ne recommence pas. Et quelle sanction ! Séquestrée, battue, enfermée, privée de liberté, elle est expédiée au Pakistan, à Islamabad chez sa tante où elle va passer plusieurs mois. Dans un monde plein de paraître, de rumeurs, de « on dit », de ragots, dans une communauté astreinte à des règles, à un code d’honneur (qui bien sûr forcément fonctionne de façon patriarcale, verticale, et contre les filles), à une culture, une religion, cette famille pakistanaise se confronte à une société dont les fondements ne sont pas les leurs. La relation entre Nisha et son père est tumultueuse, il l’aime tellement qu’il veut la tuer mais comme il n’y arrive pas, il la mène au bord d’une falaise et lui demande de se jeter… Par moment, j’ai pensé à ma relation avec mon père pour une histoire particulière qui m’est arrivée avec lui et qui a un peu brisé nos liens…

maxresdefault

En fait, ce mot  réputation me rend folle. Il me rend folle sans doute parce que j’y suis confrontée de façon personnelle… Et pourquoi les femmes sont toujours soumises à des règles de « bien penser », de « bien se conduire », de « bien se comporter » alors que pour ces mêmes comportements, ces mêmes conduites, l’homme n’est pas inquiété? Pourquoi l’honneur n’est que sur les épaules de la femme? Ce film pose des questions d’actualité, ce film n’est pas une fiction, ce type d’histoire existe, et j’en suis ressortie et la personne avec qui j’étais m’a dit: « mais tu sais on connait tous dans notre entourage une personne exilée au bled qui ne revient jamais, ou qui revient avec 3 gosses sur le dos… » et surtout des filles bien sûr. On les expédie « au bled » avant même d’avoir eu une mauvaise conduite, on scelle leur avenir pour qu’elle rentre dans le rang dès leur plus jeune âge, sans avoir le temps de faire honte à leur famille ou de laisser « parler les gens » à son sujet. Le tout sans même imaginer qu’elles auraient pu avoir la liberté de choisir leur vie. La liberté de dire non, de s’opposer à un chemin tout tracé, la liberté d’être allégée de tout poids, de tout carcan familial, de toute obligation. Le déshonneur d’une famille, le regard des autres, dans certaines communautés, ces aspects sont tellement prégnants qu’on ne vit sa vie qu’à travers eux. Je ne vous parlerais pas de la fin volontairement car elle est très inattendue et malgré tout le dénouement est en quelque sorte tendre…

Ce film me fait furieusement penser à « Much Loved » dont vous pouvez retrouver ma chronique « Entre tradition et provocation, Much Loved est sulfureux, détonnant de réalité.

Bref, un film émouvant, à voir et à revoir et par lequel beaucoup de femmes se sentiront concernées. Le sujet est aussi grave que douloureux…Et pourquoi la liberté ne serait pas compatible avec l’honneur ?

 

stickers-bouche-paillete-argent-r1-74409-1

                                                                     Boussa & Smile

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s